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	<title>Ne govorim dobro bosanski*</title>
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	<description>*Je ne parle pas bien le bosnien : Un apprenti-journaliste français à Sarajevo</description>
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		<title>De la littérature en général et du journalisme en particulier</title>
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		<pubDate>Wed, 21 Jul 2010 20:03:42 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Guillaume Daudin</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Ce blog n&#8217;est pas clos mais plutôt en friche. Pour ceux qui ne le sauraient pas encore, j&#8217;ai quitté la Bosnie depuis début mars et j&#8217;ai dès lors quelques difficultés à écrire sur un lieu dont je suis absent, autant physiquement que mentalement. Je suis passé à d&#8217;autres choses : à Paris, au Kremlin-Bicêtre, à [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Ce blog n&#8217;est pas clos mais plutôt en friche. Pour ceux qui ne le sauraient pas encore, j&#8217;ai quitté la Bosnie depuis début mars et j&#8217;ai dès lors quelques difficultés à écrire sur un lieu dont je suis absent, autant physiquement que mentalement. Je suis passé à d&#8217;autres choses : à Paris, au Kremlin-Bicêtre, à des concours, puis à la Colombie, où je me trouve actuellement.</p>
<p>Un petit bout de Bosnie m&#8217;accompagne toujours pour autant. Ce sont bien sur les souvenirs de là-bas, des émotions et du vécu, des <em>expériences</em>, mais aussi plus simplement des livres qui me permettent de compléter mon voyage. Je suis mon procédé habituel, en ne parvenant pas à me fixer sur son intelligence ou sa stupidité : d&#8217;abord vivre, ensuite lire et mettre en perspective. Je pense qu&#8217;il aurait fallu un peu lire plus pendant.</p>
<div id="attachment_632" class="wp-caption alignleft" style="width: 160px"><a href="http://www.guillaume-daudin.info/blog/wp-content/uploads/2010/07/jesus-et-tito_bd.jpg"><img class="size-full wp-image-632" title="Jésus et Tito, Velibor Čolić" src="http://www.guillaume-daudin.info/blog/wp-content/uploads/2010/07/jesus-et-tito_bd.jpg" alt="Jésus et Tito, Velibor Čolić" width="150" height="253" /></a><p class="wp-caption-text">Jésus et Tito, Velibor Čolić</p></div>
<p>Lire. J&#8217;ai parcouru récemment deux livres, l&#8217;un tout récent, il s&#8217;agit de <em>Jésus et Tito</em> de l&#8217;écrivain bosniaque Velibor Čolić, l&#8217;autre a déjà une quinzaine d&#8217;années et s&#8217;intitule <em>L&#8217;air de la guerre. Sur les routes de Croatie et de Bosnie-Herzégovine</em>, que l&#8217;on doit au journaliste français Jean Hatzfeld.</p>
<p>Ces deux livres illustrent mon tropisme du moment, tout entier porté vers les chroniques. C&#8217;est à croire que les Balkans, où en tout cas le bout de terre parlant SCBM, MSCB, MBSC ou BCSM, ne se prêtent qu&#8217;à ce genre, comme si l&#8217;<em>essai</em> n&#8217;était pas possible, comme s&#8217;il fallait nécessairement faire de l&#8217;impressionnisme littéraire, du compte-rendu, de l&#8217;ébauche, rapporter mille faits pour donner au lecteur la possibilité de se forger sa propre idée. Cette idée n&#8217;est pas récente&#8230; Ivo Andrić lui-même utilisa beaucoup la forme de la chronique.</p>
<p>Ces chroniques me plaisent. Elles racontent des petites choses, qui touchent mes envies de journalisme, qui touchent mes envies de littérature.</p>
<p>J&#8217;ai achevé <em>Jésus et Tito </em>il y a près d&#8217;un mois. Mon esprit n&#8217;étant guère doué de mémoire, il devient déjà quelque peu difficile d&#8217;en parler. Je me souviens du soleil, des cicatrices, de peaux tannées par l&#8217;été et d&#8217;alcool. De flingues, de musique, et d&#8217;un esprit que ne renierait pas Kusturica. Colic a un talent assez incomparable pour décrire ce qui ressemble à une folie commune, pour relater cet avant-guerre si tendre où les gamins de 11 ans fument des cigarettes pour jouer aux grands, où les adultes passent leur temps à enfiler les verres de slivovica, où la mère est croate et le père serbe, où chacun possède un surnom et où le petit Vélibor rêve d&#8217;être le Pelé des Balkans. Il sait aussi et surtout nous faire sentir ces couleurs, ces saveurs, ces odeurs d&#8217;une Bosnie que l&#8217;on retrouve dans la plupart des ouvrages, une Bosnie qui ne vit qu&#8217;entre étés brûlants et ensoleillés, assommée de chaleur, et entre hivers rudes et enneigés.</p>
<div id="attachment_631" class="wp-caption alignright" style="width: 191px"><a href="http://www.guillaume-daudin.info/blog/wp-content/uploads/2010/07/9782020232135.jpg"><img class="size-medium wp-image-631" title="L'air de la guerre, Jean Hatzfeld" src="http://www.guillaume-daudin.info/blog/wp-content/uploads/2010/07/9782020232135-181x300.jpg" alt="L'air de la guerre, Jean Hatzfeld" width="181" height="300" /></a><p class="wp-caption-text">L&#39;air de la guerre, Jean Hatzfeld</p></div>
<p>J&#8217;ai refermé <em>L&#8217;air de la guerre</em> ce matin. Jean Hatzelfd, correspondant de Libération, y parcourt les routes des Balkans, s&#8217;arrête dans les villes, entre deux grands rodéos de Golf ou de Lancer, et saisit le drame qui naît. D&#8217;abord incrédule, il prend peu à peu conscience que les viols ou les massacres collectifs s&#8217;accroissent, ébahi qu&#8217;il est face à l&#8217;alcoolisme et aux délires égotiques et manichéens des Serbes, réaliste face à la réponse toujours plus dure des Croates mais aussi des Bosniaques. Blessé à Sarajevo par des balles de Kalachnikov bosniaques, Hatzfeld ré-écrit à chaud sur son lit d&#8217;hôpital les notes prises quotidiennement. Son livre fourmille de choses passionnantes, d&#8217;anecdoctes folles et pourtant si naturelles lorsque l&#8217;on a senti un peu &laquo;&nbsp;l&#8217;air du coin&nbsp;&raquo;. Il n&#8217;y a pas de romantisme forcé, plutôt un effort constant de description, comme si les arbres, les forêts, les traits des visages pouvaient donner les cadres nécessaires, les repères suffisants pour prendre une photo d&#8217;ores et déjà impossible. Il n&#8217;y a guère peu de généralisations, on sent l&#8217;International un peu absent du livre, et ce n&#8217;est pas étonnant au vu du déroulement du conflit. Résolument, Hatzfeld est aux côtés de ceux qui font ou vivent la guerre, miliciens, vieillards, enfants, hommes et femmes, soldats, et éventuellement humanitaires et journalistes. Il parle justement, et se dévoile humblement. Un récit éblouissant si l&#8217;on s&#8217;intéresse à la région.</p>
<p>Hatzfeld et Čolić offrent des lectures qu&#8217;on ne peut regretter, dans des registres toutefois différents. Elles paraissent un peu se compléter, et on peut lire ces livres dans le sens choisi. Commencer par Hatzfeld et finir par Čolić donnera le vertige de ce qui a été perdu, aidera à comprendre ce que les gens pleurent, comme l&#8217;explique Sandra dans l&#8217;un des derniers chapitres du livre d&#8217;Hatzfeld. Faire l&#8217;inverse amènera à s&#8217;interroger sur ce qui à entraîné cette chronologie dans des épisodes tragiques, à se demander dans quelle mesure les éléments l&#8217;y prédestinaient.</p>
<p>J&#8217;ai parfois l&#8217;impression, en reprenant le livre d&#8217;Hatzfeld, et en repensant à celui d&#8217;Ozren Kebo, que le journalisme est une forme particulière de la littérature, prenant juste un peu plus en compte les faits réels comme support de l&#8217;écriture, et où la fiction ne sera plus alors que le <em>sens</em> que l&#8217;on donnera au récit. Lors de l&#8217;oral du concours de l&#8217;école de journalisme, je m&#8217;attendais à ce que l&#8217;on me demande mon le nom de mon modèle de journaliste. La question n&#8217;est peut-être pas venue parce que je n&#8217;avais pas encore lu Hatzfeld, mais je pense qu&#8217;il y a désormais un début de réponse.</p>
<p>Le journalisme me plaît notamment parce que je le perçois comme une forme de littérature, par ses procédés et par les effets que cela induit sur le lecteur. Si c&#8217;est bien réussi, évidemment.</p>
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		<title>La fin programmée d&#8217;un (de mes) mythe(s) bosnien(s)</title>
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		<pubDate>Tue, 23 Mar 2010 21:37:16 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Guillaume Daudin</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Selon BH Info, les premiers trains à grande vitesse bosniens devraient prochainement faire leur apparition sur le réseau ferroviaire de la Zeljeznice FBiH (Chemins de fer de la Fédération de Bosnie-Herzégovine). Dès l&#8217;été, &#171;&#160;la première des 9 compositions commandées en 2005 auprès de la compagnie espagnole Patentes &#171;&#160;Talgo&#160;&#187; pourrait assurer les liaisons test vers Ploče [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Selon<a href="http://www.bhinfo.fr/522-fin-mars-introduction-des-trains-a/"> BH Info</a>, les premiers trains à grande vitesse bosniens devraient prochainement faire leur apparition sur le réseau ferroviaire de la Zeljeznice FBiH (Chemins de fer de la Fédération de Bosnie-Herzégovine). Dès l&#8217;été, &laquo;&nbsp;<em>la première des 9 compositions commandées en 2005 auprès de la compagnie espagnole Patentes &laquo;&nbsp;Talgo&nbsp;&raquo; pourrait assurer les liaisons test vers Ploče pour être introduite définitivement mi-décembre. L’objectif est de se raccorder avec les trains de grande vitesse au réseau Belgrade, Budapest, Vienne d’ici quelques années. Les deux premiers trains à voyageur seront livrés en 2010 tandis que les 7 restants sont prévus pour 2011</em>&laquo;&nbsp;.</p>
<p>On apprend par <a href="http://www1.euskadi.net/enpresak/sem_f.apl#NOTICIA6" target="_blank">un article du journal basque El Correo</a> du 23 mai 2006 que ces trains possèderaient &laquo;&nbsp;<em>une fiabilité suffisante pour rouler jusqu&#8217;à 200 km/h</em>&laquo;&nbsp;, et qu&#8217;ils adapteraient &laquo;&nbsp;<em>la technologie de suspension pendulaire brevetée il y a un demi-siècle par Talgo aux tracés ferroviaires comportant de nombreux virages comme il en existe en Bosnie</em>&laquo;&nbsp;. Un porte-parole de Talgo a expliqué que &laquo;&nbsp;<em>l&#8217;autorité ferroviaire bosniaque a besoin de &#8216;réduire les temps de parcours des trains sans avoir à réaliser des investissements dans leur infrastructure fixe&#8217;</em>&laquo;&nbsp;. Le choix s&#8217;est donc porté sur un investissement en matériel, avec des wagons plus adaptés à la configuration particulière du territoire bosnien, très montagneux.</p>
<p>Avec ce progrès futur, c&#8217;est un peu de l&#8217;âme de &laquo;&nbsp;ma&nbsp;&raquo; Bosnie idéalisée qui s&#8217;en va. Le Sarajevo-Mostar est présent dans ma mémoire et associé à de très nombreux souvenirs. J&#8217;ai effectué ce trajet près de dix fois, en été et à l&#8217;automne, et j&#8217;ai à chaque fois été émerveillé par la beauté des paysages, par l&#8217;image poétique que cela donnait de la Bosnie. J&#8217;en ai d&#8217;ailleurs parlé plusieurs fois, par exemple <a href="http://www.guillaume-daudin.info/blog/2009/10/101-mostar-perle-de-lherzegovine/" target="_blank">ici</a> ou  <a href="http://www.guillaume-daudin.info/blog/2009/11/123-de-sarajevo-a-mostar-par-le-train/" target="_blank">là</a>, et j&#8217;ai pris ce trajet à de nombreuses reprises en <a href="http://www.flickr.com/photos/interrail/sets/72157622730774614/" target="_blank">photo</a>. J&#8217;ai observé le canyon de la Neretva avec plusieurs amis, avec ma famille, avec ma petite amie. A chaque fois, j&#8217;ai été ému, du côté de <a href="http://www.flickr.com/photos/interrail/4074692086/in/set-72157622730774614/" target="_blank">Čelebići</a>, par la beauté à couper le souffle du lac de Jablanica. J&#8217;ai observé, écarquillant les yeux, <a href="http://www.flickr.com/photos/interrail/4073945767/in/set-72157622730774614/" target="_blank">le canyon de la Neretva</a> dans ses moindres détails, comme en novembre 2009 lorsque les couleurs de l&#8217;automne s&#8217;offraient en un panel d&#8217;une variété infinie.</p>
<div id="attachment_622" class="wp-caption alignright" style="width: 235px"><a href="http://www.guillaume-daudin.info/blog/wp-content/uploads/2010/03/IMGP1691.jpg"><img class="size-medium wp-image-622" title="Août 2008" src="http://www.guillaume-daudin.info/blog/wp-content/uploads/2010/03/IMGP1691-225x300.jpg" alt="Août 2008" width="225" height="300" /></a><p class="wp-caption-text">Août 2008</p></div>
<p>Le trajet ne changera pas, même avec ces nouveaux trains. Mais la lenteur des anciens en constituait un peu l&#8217;âme. On avait comme une impression tenace que l&#8217;on ne se rendait pas simplement d&#8217;un point à l&#8217;autre mais qu&#8217;on voyageait, qu&#8217;on découvrait un peu de la Bosnie en se penchant par la fenêtre. Les wagons, dons -il me semble- du royaume de Suède à la Bosnie d&#8217;après la guerre, étaient plutôt vétustes. L&#8217;aménagement intérieur était en vieux bois, les sièges en gros tissu épais. Il s&#8217;en dégageait un certain confort de l&#8217;ancien, une ambiance tamisée et pacifiée. On s&#8217;imaginait en plein dans les années 70, découvrant la Yougoslavie de papa sur un vieil air de sevdah. La lenteur favorisait la discussion. Les compartiments avaient leurs portes ouvertes, et dans le couloir, vieux bosniens côtoyaient jeunes voyageurs, clopes au bec, fenêtre ouverte, humant l&#8217;air chaud de l&#8217;été, froid des tunnels plein de particules giclant dans les yeux. On allait à Mostar ou à Ploče, mais l&#8217;on profitait déjà de quelque chose. Le train, circulant quatre fois par jour seulement sur ce tronçon, s&#8217;arrêtait à chaque gare, distribuant ici le courrier, là des voyageurs. Comme un lien social indéfectible, que l&#8217;on pouvait voir et entendre arriver, et saluer.</p>
<p>Ces trains rapides représentent un progrès incontestable pour les usagers et les travailleurs l&#8217;empruntant de manière quasi-quotidienne. En ce qui me concerne, je ne sais pas si j&#8217;aurais autant de plaisir à le ré-emprunter à l&#8217;avenir. Si en une heure sèche, il m&#8217;emmène de Sarajevo à Mostar, me laisse juste le temps de m&#8217;asseoir, d&#8217;ingurgiter mon expresso préparé par la machine à café et de jeter un oeil à Jablanica, à la Neretva, à peine le temps de souffler que je serai déjà arrivé près du Mont Velež, alors peut-être préférerai-je prendre un bus ou une voiture pour aller un peu moins vite et en voir un peu plus. S&#8217;il reste des paysages à voir, du temps pour les voir et un contrôleur pour préparer un peu de café turc dans une vieille <em>džezva</em> hors d&#8217;âge, alors la Bosnie, &laquo;&nbsp;ma&nbsp;&raquo; Bosnie, aura préservé cette partie de son âme.</p>
<p><em>PS : La photographie associée à l&#8217;article date de Novembre de 2009. Celle juste au-dessus date d&#8217;août 2008. Elles ont toutes deux été prises quelque part entre Sarajevo et Mostar</em></p>
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		<title>Ozren Kebo, &#171;&#160;Bienvenue en Enfer / Sarajevo, Mode d&#8217;Emploi&#160;&#187;</title>
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		<pubDate>Thu, 11 Mar 2010 17:44:10 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Guillaume Daudin</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Une affinité particulière pour la chronique littéraire, venant d&#8217;un blogueur : est-ce finalement si étonnant, lorsque les deux styles témoignent in fine d&#8217;une proximité réelle ? Clairement, non. Et lorsqu&#8217;après avoir lu l&#8217;histoire de la Bosnie-Herzégovine par les historiens, on tombe sur une chronique du siège de Sarajevo par l&#8217;un de ses habitants, on ne [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><strong>Une affinité particulière pour la chronique littéraire, venant d&#8217;un blogueur : est-ce finalement si étonnant, lorsque les deux styles témoignent </strong><em><strong>in fine</strong></em><strong> d&#8217;une proximité réelle ? Clairement, non. Et lorsqu&#8217;après avoir lu l&#8217;histoire de la Bosnie-Herzégovine par les historiens, on tombe sur une chronique du siège de Sarajevo par l&#8217;un de ses habitants, on ne peut qu&#8217;être enthousiasmé à l&#8217;idée de profiter de ce nouveau regard offert à sa compréhension.</strong></p>
<div id="attachment_614" class="wp-caption alignleft" style="width: 191px"><a href="http://www.guillaume-daudin.info/blog/wp-content/uploads/2010/03/ozrenkebo.jpg"><img class="size-medium wp-image-614" title="Couverture du livre d'Ozren Kebo" src="http://www.guillaume-daudin.info/blog/wp-content/uploads/2010/03/ozrenkebo-181x300.jpg" alt="Couverture du livre d'Ozren Kebo" width="181" height="300" /></a><p class="wp-caption-text">Couverture du livre d&#39;Ozren Kebo</p></div>
<p>Ozren Kebo est un journaliste bosnien né en 1959. Il avait une trentaine d&#8217;années pendant le siège de la ville parcourue par la Miljacka. Dans <em>Bienvenue en enfer, Sarajevo mode d&#8217;emploi</em>, il relate par petites touches, parfois tragiques, parfois décalées, ce que fut l&#8217;enfer de cette ville, par l&#8217;intermédiaire de petits billets dépassant rarement la trentaine de lignes. Ces réflexions, quoique de qualité inégale, permettent de saisir ce que fut cet &laquo;&nbsp;esprit de Sarajevo&nbsp;&raquo; durant cette époque.</p>
<p>Le désespoir, tout d&#8217;abord. Selon Kebo, &laquo;&nbsp;<em>dans cette ville, il faut vivre sans espoir pour vivre bien</em>&laquo;&nbsp;. Toutes les promesses de cessez-le-feu des dirigeants étrangers (Mitterrand notamment), promesses d&#8217;un arrêt rapide des combats, faisaient selon l&#8217;auteur quelque part bien plus mal que les actes de Karadžić. Elles créaient en effet l&#8217;espace d&#8217;un instant l&#8217;espoir d&#8217;une vie meilleure qui, s&#8217;il était déçu, ne rendait que plus cruelle et insupportable la réalité aux yeux des sarajéviens. Le renoncement à tout espoir devint dès lors un moyen de survie : tout accepter, ne plus s&#8217;étonner de rien et ne prendre que ce qui est à prendre. Un des billets, &laquo;&nbsp;Quand l&#8217;électricité revient&nbsp;&raquo;, illustre bien cela :</p>
<blockquote><p>&laquo;&nbsp;<em>Tous les quatre ou cinq mois, la communauté internationale obtient de Karadžić que la distribution d&#8217;électricité soit rétablie. Avec le courant, l&#8217;eau nous est également rendue. Ainsi il nous arrive parfois de vivre comme tout le monde pendant une quinzaine de jours, le temps que la vigilance des instances internationales faiblisse [...]. Quand, après si longtemps, on peut à nouveau allumer la lumière, la télé, le magnétoscope et le lecteur de cassettes, il est compréhensible qu&#8217;on succombe à l&#8217;euphorie. Celle-ci ne dure que jusqu&#8217;au moment où on entre dans la salle de bains. Pour la première fois éclairée depuis de nombreuses semaines, elles nous apparaît avec toute sa crasse. Et c&#8217;est comme une gifle. Suit un moment de panique. On se demande par quoi commencer. Faut-il d&#8217;abord nettoyer le couloir, balayer devant sa porte ou remplir tous les récipients disponibles, passer l&#8217;aspirateur ou prendre un bain, se raser ou faire cuire quelque chose, c&#8217;est à dire du riz, pour les deux jours à venir, mettre en route la machine à laver ou repasser le linge qu&#8217;on n&#8217;a pas eu le temps de repasser la dernière fois, cinq mois plus tôt, astiquer et désinfecter la baignoire ou laver la vaisselle accumulée dans la cuisine, ou bien encore, dans l&#8217;indécision, remettre tout cela à plus tard et s&#8217;installer devant la télé ?</em>&laquo;&nbsp;</p></blockquote>
<div id="attachment_615" class="wp-caption alignright" style="width: 213px"><a href="http://www.guillaume-daudin.info/blog/wp-content/uploads/2010/03/gerardrondeau.jpg"><img class="size-medium wp-image-615" title="Photographie de Gerard Rondeau" src="http://www.guillaume-daudin.info/blog/wp-content/uploads/2010/03/gerardrondeau-203x300.jpg" alt="Photographie de Gerard Rondeau" width="203" height="300" /></a><p class="wp-caption-text">Photographie de Gerard Rondeau</p></div>
<p>Le désespoir est atroce, il s&#8217;exprime comme une fin de vie. Les phrases sont sèches et brutales, le verbe boxe le lecteur en pleine face. Troisième billet : &laquo;&nbsp;<em>Dans ce pays, nulle génération n&#8217;est morte de mort naturelle, il s&#8217;est toujours trouvé une guerre pour la faucher</em>&laquo;&nbsp;. Kebo semble chercher à plusieurs reprises des éléments qui pourraient expliquer le destin tragique qu&#8217;il voit assigné à la ville. Il cherche dans les malédictions, les comptes populaires, il explique les actes des Serbes par leur jalousie meurtrière à l&#8217;égard du joyau des Balkans.</p>
<blockquote><p>&laquo;&nbsp;<em>Seule l&#8217;agonie est plus horrible que la mort. Le spectacle d&#8217;un homme sans vie n&#8217;a rien de terrible. Mais celui d&#8217;un homme à l&#8217;agonie fait naître tristesse, malaise, effroi.<br />
Sarajevo n&#8217;est pas morte. Sarajevo se meurt. Et c&#8217;est ce qui fait la beauté de ce merveilleux jardin. Sarajevo est entrée dans l&#8217;avant-dernière phase de son agonie, appelée à durer aussi longtemps que la ville conservera quelque charme. Ensuite, il ne restera que la nausée, et un avertissement pour les villes incapables de comprendre les mises en garde, de reconnaître parmi les apparences leur authentique destin</em>&laquo;&nbsp;.</p></blockquote>
<p>Il tente aussi de rationaliser parfois. Il y a à certaines reprises un véritable effort de penser au futur, à l&#8217;après, à quand ce texte sera lu par quelqu&#8217;un qui n&#8217;aura pas été là. Cet effort se marque par exemple par l&#8217;analyse de la psychologie des Sarajéviens :</p>
<blockquote><p>&laquo;&nbsp;<em>Seuls-les courts circuits mentaux nous permettent de continuer à vivre. Ils nous sauvent de la folie. Etant donné qu&#8217;elle frappe avec insistance depuis longtemps à notre porte, nous devrions y investir tout notre capital intellectuel. Eux seuls peuvent nous apporter le salut. En voici un qui marche à coup sûr. Qu&#8217;est-ce que Sarajevo ? Rien, une pure abstraction, une tâche noire sur le </em>curriculum vitae<em> de la planète. Ailleurs, tout le monde vit normalement, sirote son café. Ici, le temps s&#8217;est arrêté. Pour opérer ce court-circuit, il convient d&#8217;inverser les rôles. Si vous nous demandez notre avis, nous vous dirons qu&#8217;ailleurs les gens sont fous, que la vie n&#8217;est normale qu&#8217;à Sarajevo. Notre réalité est la seule, le reste n&#8217;est que simulacre de vie. Ailleurs, les gens sont pourris par le confort. Là-bas, au-delà des sept collines et des sept tranchées, ils n&#8217;ont qu&#8217;à porter leur verre du robinet à leurs lèvres pour boire. Nous buvons notre eau directement au jerricane, que nous avons traîné sur trois kilomètres. Laquelle de ces deux manières de faire est la plus conforme à la nature ?<br />
Avons-nous mérité notre eau ?<br />
Oui<br />
Quelle gorgée procure le plus de satisfaction ?<br />
Celle qui a été méritée.<br />
L&#8217;eau des jerricanes est donc la meilleure.</em>&laquo;&nbsp;</p></blockquote>
<div id="attachment_616" class="wp-caption alignleft" style="width: 310px"><a href="http://www.guillaume-daudin.info/blog/wp-content/uploads/2010/03/batiment-siege2.jpg"><img class="size-medium wp-image-616" title="Un bâtiment de Sarajevo témoin du siège" src="http://www.guillaume-daudin.info/blog/wp-content/uploads/2010/03/batiment-siege2-300x199.jpg" alt="Un bâtiment de Sarajevo témoin du siège" width="300" height="199" /></a><p class="wp-caption-text">Un bâtiment de Sarajevo témoin du siège</p></div>
<p>Face à ces forces funestes qui semblent s&#8217;abattre sur la capitale bosnienne, Kebo n&#8217;exprime pas de remède. Ses descriptions des Sarajéviens dans la lunette des snipers serbes marquent l&#8217;idée que la vie de chacun est suspendue à des facteurs sur lesquels il n&#8217;y a peu ou pas de prise : le hasard de l&#8217;endroit où l&#8217;obus tombe, le choix presque arbitraire de la victime qui sera abattue. Il faut éviter le vert, couleur de l&#8217;islam, il faut éviter d&#8217;avoir l&#8217;air désoeuvré pour ne pas paraître bosniaque, il faut éviter d&#8217;avoir l&#8217;air prétentieux, pour ne pas ressembler à un croate. Un ensemble de remèdes qui semble absurde, et qui pourtant témoigne comment l&#8217;on se raccroche à tout, à rien, simplement pour se dire que l&#8217;on garde prise sur sa vie et sur son destin.</p>
<p>Cette vie, justement, continue durant le siège. La vie amoureuse, dans les halls d&#8217;immeuble, entre cuisinière et PC IBM. La vie sociale et les commérages, près des quelques fontaines auxquelles il faut patienter parfois une dizaine d&#8217;heures pour pouvoir remplir un ou deux bidons d&#8217;eau. Il faut parfois se terrer chez soi. En hiver, sans électricité, la nuit tombant aux alentours de 16 heures, les journées sont courtes, les nuits longues et gelées. La vie survit comme mécaniquement : tant qu&#8217;il y en reste un, même agonisant, alors il y a de la vie. Le siège est riche d&#8217;enseignements : &laquo;&nbsp;<em>Il n&#8217;est de meilleure connaissance que celle issue de l&#8217;expérience personnelle [...]. Mille jours passés à Sarajevo ont de ce point de vue une valeur inestimable. Bien que nulle sur le plan pratique</em>&laquo;&nbsp;. Il y a comme une fatalité de connaître déjà l&#8217;après, de connaître déjà ce qui se passera : &laquo;&nbsp;<em>Seul celui qui n&#8217;a pas vécu un bombardement peut en faire froidement le récit. Ce que nous avons vécu est voué à l&#8217;oubli</em>&laquo;&nbsp;. Kebo écrit pour témoigner, sûrement pour exorciser, mais semble douter que ses écrits auront assez de force pour donner la mesure ce qui s&#8217;est passé. Il l&#8217;exprime le mieux dans &laquo;&nbsp;De la mémoire en général&nbsp;&raquo; : &laquo;&nbsp;<em>La mémoire humaine est la pire des catins. Les souvenirs s&#8217;effacent. Ce processus sournois ramènera notre tragédie dans les limites du tolérable, alors que nous savons tous qu&#8217;elle fut insupportable.<br />
<span style="font-style: normal;"><em>Toute la guerre, tout ce que nous avons enduré se réduira à quelques images : quelques obus, quelques jours de famine, quelques expositions, quelques files d&#8217;attentes pour l&#8217;eau, quelques massacres et c&#8217;est tout</em>&laquo;&nbsp;.</span></em></p>
<p>Ce livre est à lire absolument. Loin de sombrer dans le pathos, il pose des questions justes, soulève des sentiments, fait réfléchir&#8230; Tout ce qu&#8217;on attend (tout ce que j&#8217;attends ?) de la lecture d&#8217;un livre.</p>
<p>Ozren Kebo, <em>Bienvenue en Enfer / Sarajevo Mode d&#8217;Emploi</em>, Strasbourg, La Nuée Bleue, 2009 (1ère ed. en français 1997), 171 p., 15€</p>
<p><em><span style="text-decoration: underline;">Crédits photo </span>: La première photo est la couverture de l&#8217;ouvrage. La seconde a été prise par <a href="http://www.gerardrondeau.com/" target="_blank">Gérard Rondeau</a> pendant le siège de la ville. La dernière est de moi. Elle représente un bâtiment situé non loin de l&#8217;aéroport qui, d&#8217;après ce que j&#8217;ai compris mais c&#8217;est à vérifier, est gardé comme témoin du siège, et était un ancien centre de santé pour les personnes âgées&#8230;</em></p>
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		<title>Le très laïque &#171;&#160;Centre scolaire catholique de Sarajevo&#160;&#187;</title>
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		<pubDate>Sat, 20 Feb 2010 08:34:25 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Guillaume Daudin</dc:creator>
				<category><![CDATA[Magazine]]></category>
		<category><![CDATA[Reportage]]></category>
		<category><![CDATA[éducation]]></category>
		<category><![CDATA[interview]]></category>
		<category><![CDATA[multiculturalisme]]></category>
		<category><![CDATA[Sarajevo]]></category>

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		<description><![CDATA[L&#8217;une des meilleures écoles de Sarajevo s&#8217;appelle le Centre scolaire catholique St-Joseph et, ce n&#8217;est pas le moindre de ses paradoxes, est laïque. 
Lorsque l&#8217;on entre dans son bureau, on ne peut s&#8217;empêcher de les remarquer. Un crucifix sur le mur derrière son bureau, entouré d&#8217;un portrait de Jean-Paul II d&#8217;un côté, de Vinko Puljić, [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><strong>L&#8217;une des meilleures écoles de Sarajevo s&#8217;appelle le Centre scolaire catholique St-Joseph et, ce n&#8217;est pas le moindre de ses paradoxes, est laïque. </strong></p>
<p>Lorsque l&#8217;on entre dans son bureau, on ne peut s&#8217;empêcher de les remarquer. Un crucifix sur le mur derrière son bureau, entouré d&#8217;un portrait de Jean-Paul II d&#8217;un côté, de Vinko Puljić, cardinal de l&#8217;archevêché de Vrhbosna, de l&#8217;autre. Ivica Mrso, doyen du Centre scolaire catholique St-Joseph de Sarajevo (Katolički školski centar, KŠC), l&#8217;assure pourtant fermement et preuve à l&#8217;appui : &laquo;&nbsp;<em>le KŠC est laïque</em>&laquo;&nbsp;.</p>
<p>Située dans le quartier central de Mejtaš, le KŠC ouvre ses portes pendant le siège, en 1994, reprenant le flambeau d&#8217;une institution scolaire vieille de plus d&#8217;un siècle. Il fallait, comme l&#8217;explique M. Mrso, &laquo;&nbsp;<em>donner aux gens de l&#8217;espoir par des actions concrètes</em>&nbsp;&raquo; car c&#8217;était à l&#8217;époque &laquo;&nbsp;<em>l&#8217;enfer sur terre</em>&laquo;&nbsp;. Dès les premiers jours, l&#8217;école fut un lieu d&#8217;accueil pour toutes les communautés, indépendamment de la religion ou de l&#8217;appartenance &laquo;&nbsp;nationale&nbsp;&raquo;. Ce choix assumé a été parfois mal perçu, notamment parce qu&#8217;il était <em>&laquo;&nbsp;incompatible avec certaines idées politiques et certains intérêts de politiciens</em>&laquo;&nbsp;. Le doyen raconte en souriant que &laquo;&nbsp;<em>pour certains, le KŠC n&#8217;était pas assez croate, pour d&#8217;autres il l&#8217;était trop</em>&nbsp;&raquo; : des Croates d&#8217;Herzégovine de l&#8217;Ouest (un bastion de peuplement croate en BiH) y voyaient un endroit suspect, tandis que quelques Bosniaques s&#8217;étonnaient de voir une école d&#8217;inspiration catholique s&#8217;installer au milieu d&#8217;une ville devenue majoritairement musulmane.</p>
<div id="attachment_603" class="wp-caption aligncenter" style="width: 607px"><a href="http://www.guillaume-daudin.info/blog/wp-content/uploads/2010/02/ksc.jpg"><img class="size-full wp-image-603" title="Le Katolički školski centar" src="http://www.guillaume-daudin.info/blog/wp-content/uploads/2010/02/ksc.jpg" alt="Le Katolički školski centar" width="597" height="158" /></a><p class="wp-caption-text">Le Katolički školski centar</p></div>
<p>Il a donc fallu au KŠC affirmer clairement sa vocation inter-communautaire : le recrutement des élèves comme des professeurs s&#8217;est fait sur leurs seules capacités, indépendamment de leur communauté d&#8217;appartenance. Actuellement, environ 70% des enfants sont Croates, 20% Bosniaques et un peu moins de 10% Serbes. Si le croate est bien la langue officielle d&#8217;enseignement, les élèves d&#8217;origine bosniaque ou serbe ont le droit d&#8217;écrire et de s&#8217;exprimer en suivant leur forme propre, le seul impératif pour eux étant de rester constant dans leur choix de langue. L&#8217;enseignement religieux, obligatoire dans le canton de Sarajevo, est au KŠC plus réduit que dans les autres écoles. Les élèves suivent, au choix, un cours portant sur le catholicisme, un cours portant sur l&#8217;islam ou un cours &laquo;&nbsp;neutre&nbsp;&raquo; de Morale, Ethique et Spiritualité (il n&#8217;y a pas assez d&#8217;élèves serbes dans l&#8217;école pour faire une classe portant sur la religion orthodoxe). Les parents sont obligés de choisir en fonction de leur communauté d&#8217;appartenance l&#8217;enseignement religieux : un enfant croate sera obligé de choisir entre le cours de religion catholique et le cours neutre, et ne pourra donc pas choisir celui sur l&#8217;Islam. Cette mesure a été adoptée pour éviter que l&#8217;école soit accusée de forcer ses élèves à suivre un cours opposé à leur confession.</p>
<h3>Une école d&#8217;excellence avant tout</h3>
<p>Bien qu&#8217;il s&#8217;appelle Centre scolaire catholique, bien qu&#8217;il soit situé dans un bâtiment ayant une vocation religieuse historique et bien que l&#8217;on trouve dans le bureau du doyen ces références chrétiennes, le dépliant de présentation peut affirmer sans craindre le paradoxe que &laquo;&nbsp;<em>le KŠC n&#8217;est pas une école religieuse, dès lors il n&#8217;y a pas de symboles religieux dans les classes</em>&laquo;&nbsp;. Pour M. Mrso, la laïcité est bien plus qu&#8217;un argument de vente, c&#8217;est même tout autre chose : c&#8217;est comme une évidence. &laquo;&nbsp;<em>Au sortir de la guerre</em>&laquo;&nbsp;, explique t-il, &laquo;&nbsp;<em>toute la société était en elle-même, dans son coeur, divisée</em>&laquo;&nbsp;. Pour le doyen, il fallait éviter que cette division se retrouve &laquo;&nbsp;<em>formellement</em>&nbsp;&raquo; dans l&#8217;école. Il a donc pris naturellement le chemin de la laïcité, et s&#8217;est par-dessus tout employé à faire de son école un modèle d&#8217;excellence. La grande réussite de l&#8217;école se trouve ici. M. Mrso voit deux explications principales au choix que font les parents d&#8217;y envoyer leurs enfants : &laquo;&nbsp;<em>la qualité de la relation avec les enfants, dont on prend soin</em>&laquo;&nbsp;, et la bonne éducation. La meilleure preuve de cette primauté de l&#8217;excellence, c&#8217;est que le fils de l&#8217;imam d&#8217;une des principales mosquées de la ville a été lui-même envoyé au KŠC, y a eu de très bons résultats qui l&#8217;ont amené ensuite à être diplômé de l&#8217;école de Médecine, l&#8217;une des trois branches du KŠC.</p>
<div id="attachment_602" class="wp-caption alignright" style="width: 200px"><a href="http://www.guillaume-daudin.info/blog/wp-content/uploads/2010/02/Katolicke-skole-za-Europu.jpg"><img class="size-full wp-image-602" title="Ecoles catholiques pour l'Europe" src="http://www.guillaume-daudin.info/blog/wp-content/uploads/2010/02/Katolicke-skole-za-Europu.jpg" alt="Ecoles catholiques pour l'Europe" width="190" height="254" /></a><p class="wp-caption-text">Ecoles catholiques pour l&#39;Europe</p></div>
<p>Ayant tout juste fêté ses 15 ans, le KŠC est le rêve de nombre de Sarajéviens pour leurs enfants. Elena, une quarantaine d&#8217;années, vient de quitter Sarajevo pour Zenica. Là-bas, son fils va à l&#8217;antenne locale du KŠC. Sa mère est orthodoxe (donc a priori serbe), son père croate, son mari musulman. Elle ne voulait pas, à la base, y envoyer son fils à cause du préfixe &laquo;&nbsp;catholique&nbsp;&raquo;, pensant que cela gênerait son mari. Celui-ci a pourtant insisté pour que leur fils y aille : l&#8217;école étant la meilleure, il était dans l&#8217;intérêt de leur fils d&#8217;y aller. Pour Alan, une trentaine d&#8217;année, originaire de Travnik et tout juste installé à Sarajevo, le constat est similaire : &laquo;&nbsp;<em>Bien sûr que je veux que mon enfant aille dans ce type d&#8217;école ! Catholique, musulman, je m&#8217;en fiche, moi je veux une bonne école pour ma fille</em>&laquo;&nbsp;. La plupart des personnes que nous interrogerons invoque cette raison pour expliquer leur souhait d&#8217;y envoyer leur fils : l&#8217;enseignement au KŠC est excellent.</p>
<p>Le critère de la laïcité, de l&#8217;ouverture aux différentes communautés, viendrait presque en second. En Bosnie, pourtant, beaucoup d&#8217;écoles sont discriminantes pour les élèves qui y sont en minorité, car ils sont obligés de suivre le programme de la majorité : cours de langue qui ne respectent pas leur variation du Bosno-Serbo-Croate, cours d&#8217;Histoire qui n&#8217;adoptent que l&#8217;une des visions, croate, bosniaque ou serbe. Le système des deux écoles sous un même toit, que l&#8217;on retrouve notamment en Herzégovine, impose aux élèves de chaque communauté de suivre une scolarité séparée à quelques mètres l&#8217;un de l&#8217;autre. A Stolac, par exemple, l&#8217;école a été au sortir de la guerre divisée physiquement en deux par des tables qui formaient un mur. Au KŠC, l&#8217;ouverture est plus grande. Beaucoup de parents perçoivent en fait l&#8217;organisation de cette école comme ce qui devrait être la norme partout ailleurs.</p>
<p>Si le KŠC semble attirer de nombreuses personnes, il y a encore des réticences, notamment pour quelques bosniaques. Dalila, 16 ans, le foulard recouvrant les cheveux et faisant ressortir son visage de porcelaine, semble étonnée par mes questions : &laquo;&nbsp;<em>Je suis musulmane</em>&nbsp;&raquo; dit-elle spontanément, en me montrant son foulard. &laquo;&nbsp;<em>Je vais à la medresa</em> [l'école coranique], <em>et je veux y envoyer mes enfants si j&#8217;en ai</em>&laquo;&nbsp;. Derrière ses lunettes qui lui donnent un air studieux, ses yeux rieurs me dévisagent comme un extraterrestre, tant ma question lui paraît si peu naturelle. Ici, le bon niveau du KŠC n&#8217;y fera rien&#8230;</p>
<p><span style="text-decoration: underline;"><em>Autres articles sur le sujet :</em></span></p>
<p><em>REUTERS : <a href="http://blogs.reuters.com/faithworld/2009/11/25/catholic-schools-form-rare-oasis-amid-bosnias-ethnic-strife/" target="_blank">Catholics schools form rare oasis amid Bosnia&#8217;s ethnic strife<br />
</a>SARAJEVO-X : <a href="http://blogs.reuters.com/faithworld/2009/11/25/catholic-schools-form-rare-oasis-amid-bosnias-ethnic-strife/" target="_blank">La ségrégation scolaire cause des conflits entre les institutions fédérales</a></em></p>
<p><em><span style="text-decoration: underline;">Photos</span> :</em><em> La photo de couverture est de <a href="http://www.flickr.com/photos/jiminsarajevo/2382592532/" target="_blank">Jim_In_Sarajevo</a>, les deux autres viennent du <a href="http://www.ksc-sarajevo.com/">site de la KSC</a></em></p>
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		<title>Revue du web / 8</title>
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		<pubDate>Sun, 14 Feb 2010 10:00:48 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Guillaume Daudin</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Je ne peux commencer cette huitième revue du web sans vous mentionner l&#8217;ouverture de mon compte chez Del.icio.us, qui vous permettra de suivre mes lectures, et me permettra de marque-pager les articles lus afin de les insérer ici.
Cette semaine, au menu de la Revue du web, des sujets assez variés : nous évoquerons les droits [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;">Je ne peux commencer cette huitième revue du web sans vous mentionner l&#8217;ouverture de <a href="http://delicious.com/guillaume.daudin/BiH" target="_blank">mon compte chez Del.icio.us</a>, qui vous permettra de suivre mes lectures, et me permettra de marque-pager les articles lus afin de les insérer ici.<br />
Cette semaine, au menu de la Revue du web, des sujets assez variés : nous évoquerons les droits de l&#8217;homme, le tourisme, le déminage (en BD!), la communauté bosno-juive et le référendum désormais possible en Republika Srpska.</p>
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;">- (<em>Libération</em>) <a href="http://www.liberation.fr/portrait/0101161569-srdjan-dizdarevic-43-ans-incarne-le-sarajevo-melange-de-toujours-l-ancien-diplomate-bosniaque-est-revenu-vivre-le-siege-pres-des-siens-du-1er-jour-jusqu-a-dayton-il-raconte-sa-ville-sarajevo-son-amour" target="_blank">Un (vieux) portrait (de 1995) de <strong>Srđan Dizdarević</strong></a>, ex-ambasseur de Yougoslavie en France, désormais ex-président du Comité Helsinki pour les droits de l&#8217;homme en Bosnie-Herzégovine, infatigable défenseur des <strong>droits de l&#8217;homme</strong>. J&#8217;ai eu l&#8217;honneur de le rencontrer à deux reprises pour des discussions toujours passionantes et j&#8217;espère de tout coeur pouvoir l&#8217;interviewer avec mon départ d&#8217;ici&#8230;</p>
<p style="text-align: justify;">- <a href="http://www.balkaninsight.com/en/main/news/25743/" target="_blank">Cet article de<em> Balkan Insight</em></a> fait le point sur les enjeux et les conséquences de l&#8217;adoption de la loi permettant à la <strong>Republika Srpska</strong> d&#8217;organiser des <strong>référendums</strong> : l&#8217;entité aurait-elle ouvert la boîte de Pandore en se donnant les moyens de voter un jour sur sa sécession de la Bosnie-Herzégovine ?</p>
<p style="text-align: justify;">- Le site d&#8217;information francophone sur la Bosnie-Herzégovine, <em>BH Info</em>, dont j&#8217;ai parlé récemment, a réalisé <a href="http://www.bhinfo.fr/-Les-Juifs-de-Bosnie-.html" target="_blank">un excellent dossier</a> sur<strong> la situation de la communauté juive dans le pays</strong>, une situation plutôt bonne puisque le président de la communauté juive de Sarajevo, Boris Kožemjakin, explique qu&#8217;il se sent &laquo;&nbsp;<em>plus proche des musulmans de son pays que des Juifs d&#8217;Israël</em>&laquo;&nbsp;.</p>
<p style="text-align: justify;">- Nardo, dessinateur pour le site d&#8217;information en ligne <em>Bakchich.info</em>, a fait <a href="http://www.bakchich.info/Promenade-entre-les-mines,08872.html" target="_blank">un bédéreportage de qualité</a> sur le travail fastidieux et dangereux des équipes de <strong>déminage en Bosnie-Herzégovine</strong>.</p>
<p style="text-align: justify;">- Un (très long) <a href="http://www.msnbc.msn.com/id/32789005/ns/travel-destinations/" target="_blank">reportage de <em>MSNBC</em></a> sur les <strong>atouts touristiques</strong> de la Bosnie-Herzégovine, qui fait écho à mon propre <a href="http://www.guillaume-daudin.info/blog/2009/12/278-le-potentiel-du-tourisme/" target="_blank">article</a> sur le sujet.</p>
<p style="text-align: justify;">(<em>En photo, une zone minée sur le Mont Trebević</em><em>)</em><em> </em></p>
<div id="_mcePaste" style="overflow: hidden; position: absolute; left: -10000px; top: 0px; width: 1px; height: 1px; text-align: justify;">http://www.bhinfo.fr/-Les-Juifs-de-Bosnie-.html</div>
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		<title>Quand la télévision bosniaque marque un point Godwin</title>
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		<pubDate>Fri, 12 Feb 2010 08:35:56 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Guillaume Daudin</dc:creator>
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		<description><![CDATA[La joute politique a ses antiennes, en Bosnie-Herzégovine comme ailleurs. Faire une référence au nazisme et associer Milorad Dodik, le principal dirigeant bosno-serbe à Hitler, c&#8217;est pour la télévsion bosniaque s&#8217;assurer d&#8217;une image marquante et choquante, que le téléspectateur retiendra.





&#171;&#160;C&#8217;est une trahison de la Republika Srpska&#160;&#187;



La célèbre émission d&#8217;investigation &#171;&#160;60 minutes&#160;&#187; de la FTV, la [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;"><strong>La joute politique a ses antiennes, en Bosnie-Herzégovine comme ailleurs. Faire une référence au nazisme et associer Milorad Dodik, le principal dirigeant bosno-serbe à Hitler, c&#8217;est pour la télévsion bosniaque s&#8217;assurer d&#8217;une image marquante et choquante, que le téléspectateur retiendra.</strong></p>
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;">
<div class="mceTemp" style="text-align: justify;">
<dl id="attachment_582" class="wp-caption alignleft" style="width: 310px;">
<dt class="wp-caption-dt"><a href="http://www.guillaume-daudin.info/blog/wp-content/uploads/2010/02/hitlerdodik.jpg"><img class="size-medium wp-image-582" title="&quot;C'est une trahison de la Republika Srpska&quot;" src="http://www.guillaume-daudin.info/blog/wp-content/uploads/2010/02/hitlerdodik-300x218.jpg" alt="&quot;C'est une trahison de la Republika Srpska&quot;" width="300" height="218" /></a></dt>
<dd class="wp-caption-dd">&laquo;&nbsp;C&#8217;est une trahison de la Republika Srpska&nbsp;&raquo;</dd>
</dl>
</div>
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;">La célèbre émission d&#8217;investigation &laquo;&nbsp;60 minutes&nbsp;&raquo; de la FTV, la télévision officielle du gouvernement de la Fédération de Bosnie-Herzégovine (FBiH), a diffusé lundi 08 mars en fin d&#8217;émission un clip de quelques minutes reprenant des images du film <em><a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/La_Chute_(film,_2004)" target="_blank">La Chute</a></em> mais ajoutant des sous-titres en serbe. Dans le rôle d&#8217;Hitler, Milorad Dodik, le tout-puissant Premier ministre de Republika Srpska (RS). Dans le rôle des conseillers, les principaux détenteurs des maroquins de Bosnie-Herzégovine appartenant au SNSD (l&#8217;Alliance des Sociaux-Démocrates Indépendants, parti de Dodik). Ces derniers annoncent à leur dirigeant <a href="http://balkans.courriers.info/article14549.html" target="_blank">la chute de la ville de Bileća entre les mains de l&#8217;opposition</a>. Dodik/Hitler, vert de rage, y voit le signe de sa propre chute future face à Valentin Inzko (Haut représentant de la Communauté internationale  (OHR) et Représentant spécial de l&#8217;Union européenne en Bosnie-Herzégovine [RSUE]) et au Bureau du Procureur de BiH (il est actuellement en opposition verbale frontale avec le premier et accusé par le second de corruption).</p>
<p style="text-align: justify;">Le procédé n&#8217;est pas neuf, que ce soit en Bosnie-Herzégovine ou ailleurs. En octobre 2009, <a href="http://www.youtube.com/watch?v=bUX8bt2deM4" target="_blank">un clip se répandait déjà sur Youtube</a> reprenant le même extrait. Dans le rôle d&#8217;Hitler cette fois-ci, Sepp Blätter, président de la FIFA, qui apprend par ses conseillers que le Portugal a tiré la Bosnie-Herzégovine comme adversaire pour les barrages d&#8217;accession à la Coupe du monde de Football se déroulant en Afrique du Sud. Terrorisé à l&#8217;idée que le Portugal et ses &laquo;&nbsp;danseuses&nbsp;&raquo;, Christiano Ronaldo au premier rang, ne puissent pas accéder à la Coupe du Monde à cause du talent de la sélection bosnienne, il pique une colère noire. <a href="http://www.bhtube.com/index.php?page=videos&amp;section=view&amp;vid_id=100115" target="_blank">Un autre clip</a> relatait la réaction d&#8217;Hitler quand il apprenait que la Croatie n&#8217;allait pas à la Coupe du Monde 2010.</p>
<p style="text-align: justify;">Plus récemment, l&#8217;extrait du film de Oliver Hirschbiegel a été repris et mondialement diffusé pour parodier le #fail d&#8217;Apple lors de la présentation de son tout nouveau produit, l&#8217;Ipad. Dans <a href="http://www.youtube.com/watch?v=lQnT0zp8Ya4" target="_blank">cette vidéo</a>, vue déjà plusieurs millions de fois, les conseillers terrorisés apprennent à Hitler les caractéristiques techniques de l&#8217;objet. Le <em>Führer</em> s&#8217;insurge contre l&#8217;absence du <em>multi-tasking </em>ou encore contre l&#8217;accord passé entre Apple et le réseau AT&amp;T. On peut retrouver bien d&#8217;autres parodies sur <a href="http://lachute.waam.fr/" target="_blank">ce site</a>.</p>
<p style="text-align: justify;">
<div class="mceTemp" style="text-align: justify;">
<dl id="attachment_583" class="wp-caption alignright" style="width: 170px;">
<dt class="wp-caption-dt"><a href="http://www.guillaume-daudin.info/blog/wp-content/uploads/2010/02/Milorad_Dodik.jpg"><img class="size-full wp-image-583" title="Milorad_Dodik" src="http://www.guillaume-daudin.info/blog/wp-content/uploads/2010/02/Milorad_Dodik.jpg" alt="" width="160" height="195" /></a></dt>
<dd class="wp-caption-dd">Milorad Dodik</dd>
</dl>
</div>
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;">Dans le cas qui nous intéresse, le problème est un peu différent. Cette parodie impliquant le Premier ministre de RS a une connotation évidemment politique. Lorsque l&#8217;on plaisante sur des sujets plus légers, l&#8217;allusion à Hitler &laquo;&nbsp;passe&nbsp;&raquo; plus facilement. Dès que ça devient expressément politique, ce n&#8217;est plus le cas&#8230; d&#8217;autant plus que la FTV, outre son statut de média en lequel les Bosniens ont le plus confiance (Mareko Index Gallup / Septembre 2008), est la chaîne officielle du gouvernement de la FBiH, peuplée majoritairement de Bosniaques. On peut donc dire que les responsables de FTV ont marqué un retentissant <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Loi_de_Godwin" target="_blank">point Godwin</a> en assimilant Milorad Dodik à Adolf Hitler.</p>
<p style="text-align: justify;">L&#8217;affaire suscite une polémique assez retentissante. Toute la société politique serbe condamne la diffusion de cette vidéo. Le secrétaire exécutif du SNSD, Rajko Vasić, a ainsi déclaré que &laquo;&nbsp;<em>ces actions de FTV avaient été systématiquement planifiées et qu&#8217;elles étaient le meilleur moyen d&#8217;assurer la désintégration de la Bosnie-Herzégovine</em>&laquo;&nbsp;. Le conseiller spécial pour les médias de Dodik, Pero Simić, n&#8217;a guère dit autre chose, affirmant que la &laquo;&nbsp;<em>FTV essaie de radicaliser la conscience politique en Fédération et de propager la haine</em>&laquo;&nbsp;. Arie Livne, représentant du Congrès juif mondial et conseiller lui aussi du Premier ministre de RS, a qualifié la vidéo de &laquo;&nbsp;<em>sauvage et fasciste</em>&laquo;&nbsp;. Les ONGs serbes ne sont pas en reste : pour Grad (&laquo;&nbsp;<em>Ville&nbsp;&raquo;</em>), une organisation de Banja Luka, la capitale de RS, il faut que Valentin Inzko prenne &laquo;&nbsp;<em>des mesures contre FTV et pour protéger le peuple serbe de la fascisation</em>&laquo;&nbsp;. Ce dernier a réagi dans l&#8217;après-midi, affirmant n&#8217;avoir pas encore vu la vidéo mais condamnant toute association d&#8217;un homme politique à Hitler.</p>
<p style="text-align: justify;">Le principal intéressé, Milorad Dodik, a déclaré que cette vidéo est une &laquo;&nbsp;<em>tentative de détruire la cohésion dans le pays</em>&nbsp;&raquo; (retournant habilement l&#8217;accusation habituelle à son encontre) et a déploré ce type d&#8217;attaques, rappelant qu&#8217;il venait d&#8217;une &laquo;&nbsp;<em>famille anti-fasciste</em>&nbsp;&raquo; et que ses ancêtres avaient combattu comme des partisans contre les Nazis, &laquo;&nbsp;<em>certains ayant même passé quatre années dans des camps de concentration en Allemagne</em>&laquo;&nbsp;. C&#8217;est du pain bénit pour lui, qui ne se porte jamais aussi bien que quand il prend une posture de victime : victime de l&#8217;acharnement de l&#8217;OHR, de la Communauté internationale, des politiciens Bosniaques, de <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Stjepan_Mesi%C4%87" target="_blank">Stepe Mesić</a>, etc. A quelques mois des élections générales d&#8217;octobre 2010, la vidéo de la FTV ne fait que renforcer les caricatures entre les deux parties de la Bosnie-Herzégovine et risque de produire un résultat contraire à l&#8217;effet escompté.</p>
<p style="text-align: justify;"><span style="text-decoration: underline;">Voir la vidéo :</span></p>
<p style="text-align: justify;"><object classid="clsid:d27cdb6e-ae6d-11cf-96b8-444553540000" width="425" height="350" codebase="http://download.macromedia.com/pub/shockwave/cabs/flash/swflash.cab#version=6,0,40,0"><param name="src" value="http://www.youtube.com/v/nx9QdA7ziTY" /><embed type="application/x-shockwave-flash" width="425" height="350" src="http://www.youtube.com/v/nx9QdA7ziTY"></embed></object></p>
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		<title>Des petits détails qui font la différence</title>
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		<pubDate>Tue, 09 Feb 2010 18:38:26 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Guillaume Daudin</dc:creator>
				<category><![CDATA[Insolite]]></category>
		<category><![CDATA[Bosnie-Herzégovine]]></category>

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		<description><![CDATA[ 
Ne govorim dobro bosanski&#8230; ali probam*. Chaque jour, autant que faire se peut, j&#8217;expérimente au quotidien, par petites touches, cette société bosnienne que j&#8217;ai voulu rejoindre. Cela se fait parfois par la lecture de longs rapports, par la rencontre de ces &#171;&#160;acteurs de la société civile&#160;&#187; ou par l&#8217;analyse des déclarations des uns et [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><em> </em></p>
<p style="text-align: justify;"><em>Ne govorim dobro bosanski&#8230; ali probam</em>*. Chaque jour, autant que faire se peut, j&#8217;expérimente au quotidien, par petites touches, cette société bosnienne que j&#8217;ai voulu rejoindre. Cela se fait parfois par la lecture de longs rapports, par la rencontre de ces &laquo;&nbsp;acteurs de la société civile&nbsp;&raquo; ou par l&#8217;analyse des déclarations des uns et des autres dans les dépêches d&#8217;agences de presse. Je me dis pourtant souvent que rien ne remplacera jamais ces petits moments de vie bien moins formels et officiels. Le diable est parfois dans les détails, et pour vous témoigner des menues différences culturelles entre bosniens et français, j&#8217;ai choisi ici arbitrairement quatre exemples. Ils ne seront peut-être que le reflet des personnes qui m&#8217;ont permis de les vivre, mais je soupçonne fortement ces anecdotes d&#8217;en dire beaucoup sur la Bosnie-Herzégovine.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong> </strong></p>
<p><strong>- Le sac plastique (cf. image)</strong></p>
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;">En France, il devient difficile de trouver de nos jours un sac plastique dans un supermarché : on doit acheter des pochons renouvelables ou venir soi-même avec ses gros sacs. A Sarajevo, c&#8217;est un peu tout le contraire. J&#8217;ai parfois l&#8217;impression que la caissière ressent comme une fierté à me fourguer un sac plastique par objet. Hier soir encore, alors que j&#8217;avais acheté des bananes (déjà mises dans un sac en plastique), des pommes (déjà mises dans un autre sac en plastique), des oranges (déjà mises dans un autre-autre sac en plastique), du pain (déjà mis dans un autre-autre-autre sac en plastique), la caissière insista pour mettre ma petite boîte de 100 g de thon dans un cinquième sac en plastique. <em>Ne treba, ne treba</em> (pas besoin, pas besoin). Son regard prend une pointe d&#8217;étonnement, d&#8217;incrédulité, et semble se demander &laquo;&nbsp;<em>pourquoi ce con ne veut-il pas que je mette le thon dans un sac en plastique, ça sera quand même plus simple à transporter ?!</em>&laquo;&nbsp;.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>- La ceinture dans le taxi</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Je ne sais pas pour vous, mais quand je désire me rendre quelque part en voiture en France, j&#8217;ai un peu toujours le même réflexe : je boucle la ceinture avant de mettre le contact. Boucler la ceinture est aussi naturel que de mettre la clé dans le contact, ça fait partie de quelque chose qui est tellement intériorisé qu&#8217;il n&#8217;en est plus réfléchi. En Bosnie-Herzégovine, les choses sont différentes. Depuis que je suis ici, il ne me semble pas avoir mis une seule fois ma ceinture. Et comme de toute façon, les policiers ne disent rien&#8230; Dans un taxi, au début, on est un peu décontenancé. Le chauffeur ne met évidemment pas la ceinture, et pour peu que la voiture soit moderne, on peut voir les ceintures qui sont accrochées derrière les sièges afin qu&#8217;elles soient enclenchées tout de même et donc que la voiture puisse démarrer. Un stratagème très élaboré. En pauvre étranger, venant d&#8217;un pays où mettre la ceinture est naturel, on se prend alors ce regard quelque peu véxé : <em>&laquo;&nbsp;Quoi ? Tu penses que je conduis mal, c&#8217;est ça ?</em>&laquo;&nbsp;, semble dire le chauffeur dès que l&#8217;on esquisse un geste pour mettre la ceinture.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>- &laquo;&nbsp;Excusez-moi&nbsp;&raquo;</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Une fois n&#8217;est pas coutume, les dialogues du quotidien renvoient à ses propres bizarreries. Pour ma part, j&#8217;ai une tendance systématique à faire précéder toute demande de service lorsque je suis en France d&#8217;un rituel <em>&laquo;&nbsp;excusez-moi</em>&laquo;&nbsp;. Du coup, je ne peux pas m&#8217;en empêcher, je fais de même en bosnien : &laquo;&nbsp;<em>izvinite</em>&nbsp;&raquo; devient mon premier mot. Les bosniens sont eux habitués à des choses plus directes : comme on me l&#8217;a dit souvent, &laquo;&nbsp;<em>ça ne sert à rien de s&#8217;excuser tout le temps quand tu demandes quelque chose : demande-le, c&#8217;est tout !</em>&laquo;&nbsp;. Dès que la discussion s&#8217;éternise un petit peu, il devient fréquent que je me prenne cette remarque et un sourire empreint de pitié, du type : &laquo;&nbsp;<em>Le pauvre a peur de demander</em>&laquo;&nbsp;.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>- La cigarette</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Le meilleur pour la fin, évidemment, avec ce petit moment de vie dont je n&#8217;arrive pas à me lasser. On est avec plusieurs copains, dont des Bosniens. Deni, dont j&#8217;ai déjà parlé, fume beaucoup. Il ouvre son paquet, s&#8217;allume une cigarette, et fait comme 99,9% des bosniens, le pose sur la table, ce qui signifie que les cigarettes sont à disposition de tous. Ici encore, celui qui se fendrait d&#8217;un &laquo;&nbsp;<em>excusez-moi</em>&nbsp;&raquo; et demanderait une confirmation avant de prendre une cigarette susciterait l&#8217;incompréhension. Mais le mieux n&#8217;est pas encore ici. Deni rencontrait ce jour-là un de mes amis français. Comme à son habitude, dès que la discussion s&#8217;engage un peu, il s&#8217;allume une cigarette et pose le paquet sur la table. Il regarde mon collègue, et lui propose une cigarette. Réponse du français : &laquo;&nbsp;<em>Non, merci, je ne fume pas</em>&laquo;&nbsp;. Deni le regarde alors, étonné, incrédule, comme si son univers intérieur venait de subir un choc terrible : &laquo;&nbsp;<em>Mais pourquoi ?</em>&laquo;&nbsp;.</p>
<p style="text-align: justify;"><em>*Je ne parle pas bien le bosnien&#8230; mais j&#8217;essaie.</em></p>
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		<title>La Bosnie avec la France et la Roumanie en éliminatoires de l&#8217;Euro 2012</title>
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		<pubDate>Sun, 07 Feb 2010 13:34:03 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Guillaume Daudin</dc:creator>
				<category><![CDATA[Actualités]]></category>
		<category><![CDATA[Sport]]></category>
		<category><![CDATA[football]]></category>

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		<description><![CDATA[Ce dimanche midi à Varsovie était effectué le tirage au sort de qualifications à l&#8217;Euro 2012 qui se tiendra en Pologne et en Ukraine. Placée dans le troisième chapeau, la sélection nationale de Bosnie-Herzégovine connaît désormais les adversaires sur son chemin : la France et la Roumanie, mais aussi le Belarus, le Luxembourg et le [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><strong>Ce dimanche midi à Varsovie était effectué le tirage au sort de qualifications à l&#8217;Euro 2012 qui se tiendra en Pologne et en Ukraine. Placée dans le troisième chapeau, la sélection nationale de Bosnie-Herzégovine connaît désormais les adversaires sur son chemin : la France et la Roumanie, mais aussi le Belarus, le Luxembourg et le voisin albanais.</strong></p>
<p>Pour l&#8217;équipe du nouveau sélectionneur <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Safet_Su%C5%A1i%C4%87">Safet Sušić</a>, la tâche s&#8217;annonce difficile mais pas totalement insurmontable, au vu notamment de sa récente très bonne campagne de qualification pour le mondial sud-africain de 2010. Elle devra au minimum terminer deuxième de la poule pour espérer s&#8217;envoler vers le nord-est de l&#8217;Europe. En effet, les qualifiés parmi les neuf poules seront les premiers de celles-ci et le meilleur deuxième. Les huit équipes restantes ayant atteint la seconde place de leurs groupes respectifs s&#8217;affronteront dans des barrages.</p>
<p>Pour les Bosniens, le favori de cette poule 4 est de toute évidence la France. A l&#8217;époque du tirage au sort des barrages pour le mondial sud-africain, qui aurait pu voir une confrontation France-Bosnie sortir du chapeau, un chauffeur de taxi expliquait que la France &laquo;&nbsp;<em>est l&#8217;une des meilleures équipes au monde »</em>. De manière générale, les Bosniens, excellents connaisseurs du football européen, manifestent énormément de respect pour la sélection française, qu&#8217;ils aiment autant qu&#8217;ils raillent Domenech. L&#8217;actuel sélectionneur français revient souvent dans les discussions : il est considéré comme le responsable des difficultés des Bleus. La &laquo;&nbsp;<a href="http://www.youtube.com/watch?v=HE7r_BTeIsQ" target="_blank">Main de Dieu</a>&nbsp;&raquo; de Thierry Henry a aussi été l&#8217;occasion de beaucoup de moqueries : il suffisait parfois que l&#8217;on se dise français pour qu&#8217;un sourire soit affiché et que soit dit le nom du joueur barcelonais. Pour les éliminatoires de l&#8217;Euro 2012, toutefois, la France jouera sous la direction d&#8217;un nouveau sélectionneur (Laurent Blanc ?), ce qui ne manquera pas d&#8217;inquiéter plus encore les supporteurs des bleus et jaunes.</p>
<p>Le principal adversaire pour la Bosnie sera dès lors non pas la France mais plutôt la Roumanie. Face à elle, au Belarus, à l&#8217;Albanie et au Luxembourg, les &laquo;&nbsp;Lys dorés&nbsp;&raquo; pourront compter sur leurs qualités éprouvées récemment : un trio offensif Misimović-Džeko-Ibišević qui fait des ravages, ou encore un public fantastique. <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Safet_Su%C5%A1i%C4%87">Safet Sušić</a>, gloire nationale du football, devra aussi réussir à venir à bout <a href="http://balkans.courriers.info/article14523.html" target="_blank">des graves problèmes qui gangrènent la Fédération de football du pays</a>. Si tout se déroule comme prévu, la Bosnie-Herzégovine pourrait ravir sans trop de problèmes la seconde place de la poule à l&#8217;équipe nationale roumaine et, pourquoi pas, inquiéter jusqu&#8217;au dernier moment les Tricolores. Le sélectionneur a déclaré juste après le tirage au sort que &laquo;&nbsp;<em>la France est favorite</em> [du] g<em>roupe, c&#8217;est une grande équipe et elle terminera sûrement première, nous, nous battrons pour la 2e place »</em>. Il a assuré que  les joueurs bosniens étaient &laquo;&nbsp;<em>confiants »</em> car ils ont &laquo;&nbsp;<em>une bonne équipe en ce moment »</em>, et a conclu sur ces quelques mots : <em><span style="font-style: normal;">&laquo;&nbsp;</span>J&#8217;ai accepté d&#8217;entraîner la Bosnie parce que je pense qu&#8217;on possède un groupe de qualité et qu&#8217;on peut faire quelque chose dans ces qualifications »<span style="font-style: normal;">.</span></em></p>
<p>Rendez-vous dès le 3 septembre pour le prouver.</p>
<p><em>Pour aller plus loin :</em></p>
<p><em></em>- <a href="http://fr.uefa.com/live/draw/euro/2012.qr/index.html" target="_blank">Le tirage au sort complet</a><br />
- <a href="http://goal.com/en/news/2898/euro-2012/2010/02/07/1780000/euro-2012-draw-bosnia-the-greatest-hurdle-in-frances" target="_blank">Une analyse sur Goal.com</a><br />
- <a href="http://www.lequipe.fr/Football/breves2010/20100207_124521_les-bleus-avec-bosnie-et-roumanie.html" target="_blank">Une analyse sur l&#8217;Equipe.fr</a><br />
- <a href="http://www.guillaume-daudin.info/blog/tag/football/" target="_blank">Tous mes articles sur le football bosnien</a></p>
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		<title>Petite et grande corruption</title>
		<link>http://www.guillaume-daudin.info/blog/2010/01/552-petite-et-grande-corruption/?utm_source=rss&amp;utm_medium=rss&amp;utm_campaign=petite-et-grande-corruption</link>
		<comments>http://www.guillaume-daudin.info/blog/2010/01/552-petite-et-grande-corruption/#comments</comments>
		<pubDate>Thu, 28 Jan 2010 23:49:46 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Guillaume Daudin</dc:creator>
				<category><![CDATA[Société]]></category>
		<category><![CDATA[Corruption]]></category>

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		<description><![CDATA[En Bosnie-Herzégovine, la frontière est souvent mince entre corruption avérée et offrande de cadeaux pour des services rendus.
Dans son rapport 2009, Transparency International classait la Bosnie à la 99 – 106 ème place sur 180 dans la liste des pays les plus corrompus. Dernier de la région, le pays ne devance en Europe que l&#8217;Ukraine [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<h2><strong>En Bosnie-Herzégovine, la frontière est souvent mince entre corruption avérée et offrande de cadeaux pour des services rendus.</strong></h2>
<p style="text-align: justify;">Dans son rapport 2009, Transparency International classait la Bosnie à la 99 – 106 ème place sur 180 dans la liste des pays les plus corrompus. Dernier de la région, le pays ne devance en Europe que l&#8217;Ukraine et la Russie. Aleksandra Martinović, membre du comité directeur de Transparency International BiH, explique clairement la situation : « L&#8217;adage est de dire ce n&#8217;est pas le pays qui a sa mafia mais la mafia qui a son pays, on parle aussi d&#8217; &laquo;&nbsp;enslaved state&nbsp;&raquo;, un état esclavagisé. La corruption a pris en otage ce pays, elle touche même les personnes aux plus hautes positions ».</p>
<p style="text-align: justify;">Nina, une jeune fille de Mostar de 26 ans, nous décrit ce quotidien des petits arrangements. Lorsque sa soeur s&#8217;est faite opérer des amygdales, elle a dû offrir au médecin réalisant l&#8217;opération une peinture. Pendant ce temps, la famille était contrainte de donner au personnel de l&#8217;hôpital une rallonge pour que la soeur dispose d&#8217;une chambre plus agréable. Nina évoque aussi le cas du mari de sa cousine, qui en échange d&#8217;une rétribution, s&#8217;est fait déclarer « malade mental » par un médecin afin d&#8217;obtenir une pension d&#8217;invalidité.</p>
<h3 style="text-align: justify;">« Celui qui obtient un poste, c&#8217;est celui qui a un proche à la bonne position, pas celui qui mériterait ce poste »</h3>
<p style="text-align: justify;">Pour Minja, une sarajévienne de 25 ans, « la docilité des bosniens face à ce problème est visible au quotidien ». La jeune fille aux cheveux péryoxydés incite à relativiser le problème, suggérant de considérer « la mentalité et les coutumes des gens qui vivent dans la région » : selon elle, « offrir des bouteilles d&#8217;alcool aux docteurs pour les remercier est une atittude normale, c&#8217;est une manière de dire merci ». La jeune femme trouve difficile de délimiter le moment où le comportement d&#8217;un individu bascule dans la corruption.</p>
<p style="text-align: justify;">Ce problème s&#8217;illustre bien lorsqu&#8217;il s&#8217;agit de trouver un emploi. Dans un pays où le taux de chomage officiel atteint 30%, obtenir un poste tient à des critères parfois spécieux : les relations sont utiles, mais aussi l&#8217;appartenance politique. Cruelle expérience douloureusement ressentie par de nombreux jeunes, comme le montre ce sondage réalisé par Radio Free Europe. A la question « quelles sont les qualités qu&#8217;un citoyen de Bosnie-Herzégovine doit présenter pour obtenir un emploi ? », ils ont répondu par exemple : « De bonnes relations et faire partie d&#8217;un parti politique. Il faut d&#8217;abord trouver des contacts et seulement ensuite regarder les postes vacants » ; « Je pense que, partout, les relations sont de règle. Celui qui obtient un poste, c&#8217;est celui qui a un proche à la bonne position, pas celui qui mériterait ce poste » ; « Dans la plupart des cas, le piston » ou encore « Je me suis vu refuser un poste car celui qui a été pris a été pistonné et pas moi ».</p>
<p style="text-align: justify;">L&#8217;Université aussi est touchée par la corruption. Un exemple parmi d&#8217;autres nous est donné par un professeur de sciences politiques de l&#8217;Université de Sarajev, selon qui « beaucoup de collègues font des copier/coller de livres étrangers de sciences politiques, qu&#8217;ils revendent à leurs étudiants sans aucun apport. Pour ceux qui ne désirent pas acheter la production, le diplôme devient de suite plus compliqué à obtenir ».</p>
<h3 style="text-align: justify;">Un luxueux appartement sarajévien pour la modique somme de 472€</h3>
<p style="text-align: justify;">
<div id="attachment_558" class="wp-caption alignleft" style="width: 359px"><a href="http://www.guillaume-daudin.info/blog/wp-content/uploads/2010/01/3995133270_67d13ffbb7_b.jpg"><img class="size-medium wp-image-558" title="Soyez au service du peuple, pas de vos lobbyes !" src="http://www.guillaume-daudin.info/blog/wp-content/uploads/2010/01/3995133270_67d13ffbb7_b-300x199.jpg" alt="Soyez au service du peuple, pas de vos lobbyes !" width="349" height="231" /></a><p class="wp-caption-text">Soyez au service du peuple, pas de vos lobbyes ! Manifestation devant le Ministère de la Justice, 25 septembre 2009</p></div>
<p>On est ici à cette frontière entre une corruption en bonne et due forme et ce que l&#8217;on pourrait considérer comme un système de don et de contre-don. Mettre la focale uniquement sur ces exemples individuels serait faire peu de cas d&#8217;un problème qui a pour première caractéristique d&#8217;être généralisé. Dans le milieu du football, par exemple, la vie de la sélection nationale du pays a été rythmée ces dernières années autant sinon plus par les affaires de corruption que par les excellents résultats, comme l&#8217;écrit Denis Džidić  : « Récemment, la Cour de Bosnie-Herzégovine, qui s’occupe généralement de cas de crimes de guerre complexes et de crime organisé, a condamné Munib Ušanović, le secrétaire général de la fédération de football de Bosnie-Herzégovine, et Miodrag Kures, secrétaire aux finances et au marketing, à cinq ans de prison pour évasion fiscale. La situation au sein de la fédération de football, et donc au sein de l’équipe était si mauvaise qu’il y a deux ans, les douze joueurs les plus importants de la sélection ont entamé un boycott de l’équipe afin d’impulser des changements ».</p>
<p style="text-align: justify;">Le vrai problème, en Bosnie-Herzégovine, réside dans la corruption à l&#8217;échelon supérieur. De nombreux dirigeants politiques ont été condamnés, en témoigne l&#8217;exemple célèbre de Nedzad Branković, ancien Premier ministre de la Fédération de Bosnie-Herzégovine (FBiH), qui a été inculpé puis condamné pour s&#8217;être octroyé, sous couvert de privatisation, un luxueux appartement sarajévien pour la modique somme de 472€. L&#8217;actuel Premier ministre de Republika Srpska, Milorad Dodik, est lui aussi dans le viseur des autorités anti-corruption.</p>
<h3 style="text-align: justify;">Le fossé entre les lois et la pratique</h3>
<p style="text-align: justify;">Les années se suivent et se ressemblent concernant la lutte contre la corruption. Des lois relativement conformes aux standards internationaux en la matière sont adoptées, mais une fois cette étape achevée, aucune mise en pratique n&#8217;est prévue. Selon le rapport de septembre 2009 de la Maison des Droits de l&#8217;Homme de Sarajevo, « étant donné l&#8217;immense fossé entre d&#8217;une part les obligations internationales reconnues et les lois votées en ce sens et d&#8217;autre part la pratique quotidienne, il est nécessaire de faire une analyse en profondeur de la mise en oeuvre des conventions internationales ratifiées et d&#8217;établir des programmes spécifiques afin de favoriser leur application ».</p>
<p style="text-align: justify;">Srdjan Blagovčanin, le directeur exécutif de la branche bosnienne de Transparency International, remarque ironiquement que les différentes lois débattues au Parlement concernant les problèmes de corruption montrent bien comment « la coalition gouvernementale peut bien fonctionner quand il le faut », c&#8217;est à dire quand il s&#8217;agit d&#8217;adopter des mesures pour se protéger du fléau de la justice.</p>
<p style="text-align: justify;">En décembre, le Parlement de Bosnie-Herzégovine a rejeté la prolongation du mandat des juges internationaux s&#8217;occupant des affaires de crime organisé et de crimes de guerre. Valentin Inzko, le Haut Représentant de la communauté internationale, a alors mis à contribution ses pouvoirs spéciaux, les pouvoirs de Bonn, pour imposer la prolongation du mandat des juges s&#8217;occupant des questions de crimes de guerre, tandis que les autres, ceux qui sont le plus directement concernés par la corruption, ne pourront rester qu&#8217;en tant que conseillers.</p>
<p style="text-align: justify;">Infusant tous les aspects de la vie quotidienne, la corruption semble avoir encore de beaux jours devant elle en Bosnie-Herzégovine. Comme le dit Minja, le pire peut-être là dedans, c&#8217;est que « souvent, elle n&#8217;est pas visible, mais qu&#8217;elle a tous les jours des effets sur ma vie ».</p>
<p style="text-align: justify;"><em>NB : L&#8217;image est l&#8217;affiche de La &laquo;&nbsp;hotline&nbsp;&raquo; anonyme contre la corruption</em></p>
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		<title>Revue du web / 7</title>
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		<pubDate>Mon, 25 Jan 2010 18:35:20 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Guillaume Daudin</dc:creator>
				<category><![CDATA[Revue du web]]></category>
		<category><![CDATA[Affaires étrangères]]></category>
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		<category><![CDATA[Politique]]></category>
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		<description><![CDATA[Les choses suivent leur cours en Bosnie-Herzégovine, et si ces deux dernières semaines ont été riches en polémiques, notamment à cause de la descente de police dans les locaux de la BNTV ou de la déclaration du président croate sortant par rapport à la Republika Srpska, des sujets plus sensibles sont abordés, comme la question [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;">Les choses suivent leur cours en Bosnie-Herzégovine, et si ces deux dernières semaines ont été riches en polémiques, notamment à cause de la descente de police dans les locaux de la BNTV ou de la déclaration du président croate sortant par rapport à la Republika Srpska, des sujets plus sensibles sont abordés, comme la question -essentielle- du recensement, une des exigences de l&#8217;Union européenne. En complément de ces questions politiques, un détour par les médias avec l&#8217;apparition d&#8217;un nouveau média francophone sur la Bosnie-Herzégovine, BHInfo, et un long article sur la Bosnie-Herzégovine dans Le Figaro. Enfin, un aparté culturel avec une exposition d&#8217;affiches sur Sarajevo à la Mairie du XVIIème arrondissement de Paris.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>La question du recensement</strong> (<em><a href="http://www.balkaninsight.com/en/main/news/25181/" target="_blank">Balkan Insight</a>, traduction <a href="http://balkans.courriers.info/article14530.html" target="_blank">Le Courrier des Balkans</a></em>) est actuellement en débat en Bosnie-Herzégovine. Le système politique est fondé sur le recensement de 1991, préalable à la guerre. Les représentants Serbes voudraient inclure des questions sur la religion et l&#8217; &laquo;&nbsp;ethnie&nbsp;&raquo;, Croates et Bosniaques y sont farouchement opposés.</p>
<p style="text-align: justify;">Les pressions politiques sur les médias sont une chose courante en Bosnie-Herzégovine, bien qu&#8217;on ne puisse pas dire que les organismes de presse soient sous contrôle politique &#8216;direct&#8217;. Dernier avatar de ces pressions, <strong>la descente de police dans les locaux de la BNTV</strong> (<em>Balkan Insight, traduction <a href="http://balkans.courriers.info/article14457.html" target="_blank">Le Courrier des Balkans</a></em>) en Republika Srpska, une action unanimement condamnée.</p>
<p style="text-align: justify;">C&#8217;est <strong>la déclaration</strong> (<a href="http://www.romandie.com/infos/news2/100119171808.k2eubyne.asp" target="_blank">Romandie News</a>)<strong> qui a agité toute la sphère politique en Bosnie-Herzégovine, en Serbie et en Croatie</strong>. Pour Stjepan Mesić, le président sortant de la Croatie, &laquo;&nbsp;Si j&#8217;étais le président (croate) au moment où (le Premier ministre serbe bosniaque) Milorad Dodik convoquerait un référendum sur la séparation (de l&#8217;entité serbe bosniaque) d&#8217;avec la Bosnie, je couperais avec l&#8217;armée le corridor dans la Posavina bosniaque&nbsp;&raquo;.</p>
<p style="text-align: justify;">C&#8217;est devenu assez rare pour être souligné : <strong>un long article de fond sur la Bosnie-Herzégovine dans un média français</strong>. <a href="http://www.lefigaro.fr/international/2010/01/25/01003-20100125ARTFIG00597-bosnie-un-si-long-apres-guerre-.php" target="_blank">Le reportage du <em>Figaro</em></a> permet, à travers des interviews de spécialistes du pays, de faire un état des lieux de la situation dans le pays. Il est dommage toutefois qu&#8217;il ne fasse pas parler les individus lambdas&#8230;</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Un nouveau site d&#8217;information a vu le jour sur la Bosnie-Herzégovine </strong>: <a href="http://www.bhinfo.fr/spip.php" target="_blank">BHInfo</a> . L&#8217;objectif du projet est de &laquo;&nbsp;de favoriser la prise de conscience, les échanges et le dialogue entre les Bosniens et les peuples francophones à travers une information pratique et utile&nbsp;&raquo;. BHInfo sera &laquo;&nbsp;un véritable quotidien on line&nbsp;&raquo; qui &laquo;&nbsp;couvrera l’ensemble des secteurs et propose des informations sur la BH et son rayonnement dans les pays francophones. Le site, totalement indépendant, est porté par une équipe de journalistes professionnels confirmés&nbsp;&raquo;. Bonne chance à eux !</p>
<p style="text-align: justify;">L&#8217;excellente <strong>exposition d&#8217;affiches sur Sarajevo</strong> est en ce moment à la <strong>Mairie du XVIIème arrondissement à Paris</strong> (<a href="http://www.mairie17.paris.fr/mairie17/jsp/site/Portal.jsp?document_id=16104&amp;portlet_id=1467" target="_blank">Mairie du XVIIème</a>), et ce jusqu&#8217;au 10 février. Comme le confie l’un des promoteurs du projet, Jean-François Daoulas, ces affichent mettent en valeur une « une succession de toutes petites choses essentielles au quotidien ».</p>
<p style="text-align: justify;">(<em>NB : En photo, la photographie de l&#8217;exposition</em>)</p>
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